Romans

ROMANS 2012

 
Nos vies désaccordées
Gaëlle JOSSE

« Quel étrange roman, quelle étrange histoire que celle de ce pianiste qui lâche tout pour des retrouvailles improbables avec son ancienne compagne. Dans son hôpital psychiatrique, Sophie passe ses journées à écouter les enregistrements de Schumann réalisés par François, à peindre en monocouches successives de noir et de blanc. Sans un mot. Elle ne parle plus. Lui se souvient de leur rencontre, de leur histoire, et pendant tout ce temps où il tente de revoir Sophie, d'affronter ses propres angoisses, ses propres lâchetés, il ne joue plus. Il attend. Silence prolongé sur la partition de la vie et de la folie. »
Résumé tiré du blog "des mots et des notes"


 
L'amour sans le faire
Serge JONCOUR

Le plus vite possible, Franck a fui sa famille et la campagne de son enfance, il détestait la vie de paysan contrairement à son frère Alexandre. Il n’est pas devenu un grand cinéaste, rabattant ses espoirs, il est devenu simple cadreur, au moins a-t-il beaucoup voyagé. Alexandre taillé, lui, pour reprendre la ferme est mort quelques années  plus tôt.
Au début du roman, mû par un besoin inexplicable, Franck revient chez ses parents et s’agace de constater que l’incompréhension reste réciproque.
Mais dans la maison familiale, se trouve un autre Alexandre de cinq ans, vif et malicieux, c’est le fils de Louise, la compagne de son frère. Louise qui a pensé, à tort, que l’éloignement et le travail en ville lui permettraient de mettre son chagrin à distance.
Pendant quelques jours ensoleillés, Franck et Louise vont s’apprivoiser et se donner le goût d’un renouveau, la possibilité de faire l’amour, sans le faire.


 
La véritable vie amoureuse de
mes amies en ce moment précis
Francis DANNEMARK

Chaque mercredi soir, se déroulent chez Max des séances de ciné-club, animées par son meilleur ami, Jean François, un cinéphile passionné et incollable en ce qui concerne les comédies hollywoodiennes de l’âge d’or. Les spectateurs, ou plutôt spectatrices ? Huit femmes, entre trente-huit et septante quatre ans. Ce qui les réunit, outre l’intérêt pour les films, c’est l’atmosphère chaleureuse de la grande maison, le plaisir de partager le repas qui précède la projection. L’amitié et la solidarité apportent soutien et réconfort face aux difficultés, qu’elles soient concrètes ou, plus souvent, sentimentales, car la vie amoureuse de toutes ces amies traverse moult zones de turbulence.
«  Un livre anticrise qui vous met du baume sur le cœur », comme l’exprime un commentateur.


 
Julian Corkle est un fieffé menteur
D. J. CONNELL

S’il a su toucher le cœur de sa mère – « Brille ! Brille Chéri-Chéri » – qui a détecté en lui une future star, Julian Corkle est méprisé par le reste de sa famille. Jeune homo, il aime le glamour et Elisabeth Taylor. Il ne se tient plus devant une chevelure féminine et une bombe de laque. Par contre, il lâche tout et fuit devant une batte de base-ball. Julian ment pour protéger ses rêves. Mais le destin attend le jeune homme. Julian saura-t-il saisir sa chance ?
Méfiez-vous toujours des quatrièmes de couverture. Celle-ci promettait de la chaleur au cœur, de l’émotion et du rire. Personnellement, j’y ai trouvé beaucoup de ridicule, de l’ennui et nombre de platitudes. Pour être juste, certaines critiques trouvées sur internet sont élogieuses.
Quoi qu’il en soit, sauf pétition des lecteurs, il n’y aura pas de second livre de la néo-zélandaise D. J. Connell.


 
La mer Noire
Kéthévane DAVRICHEWY

Une occasion de rappeler à soi les souvenirs d’une longue vie. A 15 ans, Tamouna a fui la Géorgie et n’y est jamais retournée. Elle s’est mariée, a eu des enfants, pas avec Tamaz, l’homme qu’elle n’a jamais cessé d’aimer et qu’elle n’a rencontré au cours du temps que trop peu de fois. Sans l’avoir dit, elle l’attend ce soir. Au milieu de sa famille et de ses amis, elle plonge par chapitres dans son passé, son enfance heureuse, et évoque  aussi la douleur irrémédiable de l’exil, adoucie par les liens familiaux solides, la solidarité et la chaleur des autres réfugiés.


 
Mère de l'année
Line ALEXANDRE

Il existe toutes sortes de concours, même celui de la meilleure mère, initiative américaine, on s’en doute, copiée par la France. Une voisine l’ayant inscrite, Lisa va y participer. Elle rêvait d’une réception avec paillettes, or celle-ci est plutôt minable. Une certaine déception donc. Par ailleurs, la situation l’amène à se poser des questions : est-elle vraiment une si bonne mère ? Apparemment meilleure que la sienne, sèche, autoritaire et intrusive. D’ailleurs, est-ce vraiment sa mère ? Et son frère, ce grand dadais qui l’exaspère, quel est son véritable lien avec elle ? De page en page de lourds secrets se dévoilent. Comment vivre avec eux ? Pour Lisa, ce concours, qui l’amène à se pencher sur son passé, tourne à la débâcle.


 
L'écrivain de la famille
Grégoire DELACOURT ARCHER

A sept ans, devant la famille extasiée, il lit un –minuscule – texte rimé : un avenir se déploie devant lui, il sera écrivain ! Or, le temps passe et les mots se dérobent. Le temps passe, les parents se séparent, il tombe amoureux, un peu, il se marie, pas trop longtemps, il a même des enfants, deux. Et l’Oeuvre ? Toujours rien, pas de notoriété culturelle en vue mais beaucoup d’argent empoché, car un slogan publicitaire rapporte plus qu’un roman et, après tout, il s’agit quand même d’utiliser les mots. Il n’est pas heureux. Ben non, il n’est pas plus doué pour le bonheur que pour l’écriture, la vraie.
Le temps passe, peut-être qu’un jour, quand même …


 
Kane & Abel
Jeffrey ARCHER

Hormis qu’ils sont nés le même jour de la même année, Abel et Kane n’ont rien en commun.
Le premier a vu le jour en Pologne sous l’occupation russe tandis que le second est né avec une cuillère en argent dans la bouche. D’un côté, la survie, la pauvreté. De l’autre, le pouvoir et la puissance.
Rien n’aurait dû les rapprocher mais le destin va mettre ces deux hommes à la volonté farouche en contact.
Une fabuleuse fresque historique et sociale qui traverse 2 guerres et plusieurs continents.
Quelque 700 pages qui se dévorent même si les rebondissements ne laissent aucune surprise.


 
En vieillissant les hommes pleurent
Jean-Luc SEIGLE

Un matin, la lourdeur d’un chagrin venu du plus profond, des larmes ravalées, - et l’étonnement honteux devant cette faiblesse inattendue. Albert se sent fatigué, sa vie n’a plus de goût, il faut qu’elle s’achève. Alors, sous sa banalité apparente, ce jour est comme chargé d’angoisse. Sa femme est toute à l’attente d’un poste de télévision qui doit permettre de voir, le soir, le fils aîné, soldat en Algérie. Cette guerre qui reste abstraite pour Albert, elle ressemble si peu à celle qu’il a vécue, lui, en défendant la ligne Maginot et sur laquelle il a posé un silence qui le suffoque. C’est ce jour-là que le fils cadet entre en littérature, plongé dans Eugénie Grandet, il comprend que la vie s’enrichit de la littérature et que celle-ci se nourrit de nos existences. C’est l’été, la journée est chaude. A midi, à table, on s’affronte à propos du remembrement. La nuit conduira à l’épilogue.


 
Léger, humain et pardonnable
Martin PROVOST

(résumé pris sur internet)
Sur un ton direct et lyrique en même temps, Martin Provost parle de son enfance et de son adolescence, autour de trois faits majeurs : la mort accidentelle de son frère, l'avortement de sa soeur et la découverte de son homosexualité. Ces trois événements, traités avec profondeur et simplicité, sont les échos d'un naufrage familial, dont les survivants se débattent avec cette conclusion impossible : personne n'est coupable. On reconnaît ici la qualité du regard du cinéaste, attentif aux exclusions, au sentiment de solitude que les êtres sensibles peuvent éprouver, mais aussi aux ressorts dont ils sont capables.
Livre acheté et présenté en 2011.
Lu et commenté par Françoise en 2012
:

Belle découverte ! J'aime beaucoup quand un auteur me raconte la petite histoire des grands. Mais... tout compte fait, chacune de nos vies, c'est toute une histoire !
Martin Provost a tellement de talent pour nous raconter celle-çi comme étant la sienne. Peut-on vraiment dire qu'il existe des gens "sans histoires" ?


 
Purge
Sofi OKSANEN

Une jeune femme atterrit dans  le jardin d’une très vieille paysanne. Zara et Aliide. Malgré ses réticences la seconde secourt la première qui ne ressent pas non plus une grande confiance en celle qui vient à son aide. Toutes deux mentent ou taisent leurs secrets. Zara s’invente un mari alors qu’elle est poursuivie par ses proxénètes. Aliide feint de ne pas connaître une photo qui la relie à son passé. Nous sommes en Estonie en 1992. A partir de cette rencontre, l’auteur envoie des coups de sonde dans le passé politique d’un pays que nous connaissons mal. Russes, Allemands, Russes, les occupants ont en effet alterné avant que l’Estonie arrive enfin à retrouver son indépendance en 1991. Coups de sonde également dans le passé affectif trouble et troublé des protagonistes.
 "Bouleversant, dur, sans concession, cru, passionnant", ce sont les mots employés par les jurés d'Europe 1 pour décrire ce roman
Livre acheté et présenté en 2010.
Lu et commenté par Françoise en 2012
:

Alaïde, Lara, Hans, Ingel, leur souffrance, leurs secrets, leurs espoirs déçus. C'est aussi le drame, la force et la fragilité de tout un peuple. Sofi Oksanen nous livre leurs vérités toutes crues avec beaucoup d'humilité et de pudeur mais sans détours
.
A lire absolument, tellement c'est bien écrit. Ce n'est toutefois pas le livre que l'on emporte en vacances pour lire sur la plage.


 
La liste de mes envies
Grégoire DELACOURT

Beaucoup d’informations vous préviennent  du péril de gagner brusquement une somme colossale -  apparemment, c’est moins mauvais pour l’équilibre de perdre au Lotto à longueur de temps. Heureusement, il y a, pour vous permettre d’éviter l’internement ou le suicide, l’assistance psychologique, incontournable désormais dans notre société. Jocelyne refuse toute aide et choisit une autre voie, ce chèque de dix huit millions – tout de même ! -  elle n’en parle à personne. Mariée, plutôt heureuse en couple, mère de deux grands enfants qui se débrouillent, elle apprécie une confortable routine. Rédiger « la liste de ses envies » lui montre, stylo noir sur papier blanc, qu’en fait, rien n’exige des dépenses extravagantes. Alors. Alors … Non, ce n’est pas Zorro qui arrive, rien qu’un vol conjugal – ce qui nous change des viols.
Un roman sympathique parce que l’héroïne devrait nous être proche, elle qui comprend que les objets ne peuvent que distraire de leur vide ceux qui ne savent pas être heureux.


 
Loin des mosquées
Armel JOB

Altan, Evren, Yasemin, Derya et leur parentèle. Les uns vivent en Belgique, les autres en Allemagne, d’autres encore en Anatolie. Tous sont Turcs et même « loin des mosquées », ils restent dépendants de traditions culturelles contraignantes.
René, qui, lui, est Belge et croque-mort, se voit embarqué dans la complexité de conflits familiaux. Quand le roman commence, il trimballe un cadavre, c’est son métier, d’accord, seulement, c’est une dépouille à problèmes multiples. La suite va se dérouler à l’envers. Chacun des protagonistes se situant par rapport aux autres. Si un mariage est toujours – ou souvent – une grande affaire, quand s’y mêle l’obligation impérative de la virginité de la fiancée, il s’y introduit ruse ou violence. Le résultat ? A découvrir par une série de surprises …


 
Salam Ouessant
Azouz BEGAG

Un père divorcé emmène ses deux filles sur une île où il est certain qu’elles n’ont pas envie d’aller. Sofia et Zola rêvent de lumière et de soleil et elles se retrouvent sous un gris hachuré par des hallebardes de pluie. C’est que leur père, qui pourtant les aime infiniment et voudrait passer avec elles des vacances exceptionnelles, a eu un ami breton qui lui a parlé de Ouessant avec une chaleur étrangère au climat. Mais bon, pour l’auteur, ces vacances et cette paternité maladroite sont un prétexte, le thème est ailleurs. Il s’agit d’évoquer son enfance d’immigré pauvre, son problème d’appartenance, algérien, lyonnais ? En tout cas, pour ses filles, sûrement pas breton même si leur père se prend d’amour pour le phare.


 
L'enfant de la neige
Henri GOUGAUD

Après des années d’éloignement, Jaufré, un jeune troubadour, revient au pays. Enfant abandonné, il a été aimé et choyé par ceux qui l’ont recueilli. Il les retrouve donc avec plaisir et bonheur. Celui qui chante et célèbre l’amour avec ferveur est en quête de ses origines. Il découvrira que sa naissance cache de bien sombres événements.
Nous sommes au XIIIème siècle, en Languedoc, à l’époque de l’Inquisition.
Un roman aux aspects poétiques et initiatiques qui fait l’unanimité.
Enfin presque…
Personnellement, la niaiserie dont Jaufré fait preuve dans son enquête et l’incessante répétition d’un message unique par certains protagonistes m’ont exaspérée. M’empêchant ainsi d’entrer plus avant dans l’histoire. Mais sans doute étais-je de langue fourchue et d’humeur maligne le jour où j’ai ouvert ce bouquin.

Commentaire d'une lectrice :
Et bien mince, alors, moi, j'ai beaucoup aimé.
D'accord, les héros sont un peu "clichés" et l'ambiance "Robin des Bois". Mais quelques belles idées dans un langage imagé et poétique, une intrigue, un thème historique sans se casser la tête ! Et une question qu'on s'est souvent posée : "Comment être soi-même en dehors des idées reçues ?"


 
Mon patient Sigmund Freud
Tobie NATHAN

En 2003, Léopold Caro, psychanalyste, travaille au Burundi dans le cadre d’une coopération universitaire. Alors qu’il veut se rendre à un colloque international, pour d’obscurs problèmes de sécurité, il se retrouve bloqué à l’aéroport de Lagos en compagnie de centaines de voyageurs. Là, il converse avec un homme d’affaires juif qui lui apprend détenir un bien inestimable : un journal intime tenu par son père, Jack Bean, racontant ses entretiens amicaux avec Freud. Par ce document alléché, Caro le copie sur sa clé USB. Commencent ses ennuis : le voilà victime d’espionnage et de menaces. En quoi les confidences de Freud peuvent-elles intéresser les Africains qui l’entourent ? Vraisemblablement, ces carnets contiennent autre chose que des informations sur l’intimité – supposée – de Sigmund. Entre deux tracasseries, Caro poursuit sa lecture et découvre d’autres aspects plus politiques de Jack Bean …
Deux histoires et deux moments donc dans le même ouvrage : la vie quotidienne des membres de la société psychanalytique de Vienne dans les années 1910/1920 et l’évocation du Burundi actuel dans son chaos et sa violence.


 
Le roman de Pauline
Calixthe BEYALA

14 ans. Encore enfant et déjà femme, Pauline est en rupture scolaire. Entre une mère qui la rejette et un frère délinquant, la jeune-fille passe la plupart de ses journées dans la rue.
Sa rencontre avec un professeur de français pourrait remettre son mode de vie en question.
Mais la pression de la rue, de son environnement, de ses relations et son histoire parsonnelle ne vont-elles pas compromettre sa réinsertion ?
Un roman qui traite des drames et des attentes d’une population immigrée qui vit dans une banlieue populaire.
Le ton y est juste sans misérabilisme ni angélisme. Une histoire qui touchera les lecteurs à la fibre sociale.


 
Le souffle de l'éternité
Ronlyn DOMINGUE

Nouvelle-Orléans.
Graziella est une jeune femme brillante à l’avenir prometteur. En effet, elle se destine à devenir médecin. Ce qui, en 1929, n’est pas chose courante.
Mais le destin, en décide autrement. Suite à un malaise, Graziella se noie au cours d’une baignade laissant ainsi derrière elle Andrew, l’homme qu’elle aime.
Certes, elle est bien morte mais son esprit refuse de partir pour l’au-delà avant d’avoir retrouvé la trace de son amour.
Trois quarts de siècle plus tard, toujours dans cet « entre-deux », Graziella a élu domicile chez un couple qui lui rappelle étrangement celui qu’elle formait avec Andrew…


 
Journal intime d'un arbre
Didier VAN CAUWELAERT

Il a 300 ans. C’est dire s’il en a connu des hommes et des évènements !
Immobile, il a traversé les siècles entre ciel et terre à grands pas. Entre amour et déchirure.
Couché, abattu par une tempête, le poirier centenaire repense à sa vie passée et s’interroge sur un hypothétique avenir. Et s’il l’ignore encore à l’instant du bilan, Tristan a de beaux jours devant lui. Après avoir traversé le temps, il va maintenant pouvoir traverser l’espace…
Vous aimerez … ou pas. Mais une chose est sûre : vous ne verrez plus jamais un arbre du même œil.


 
La fille de l'Irlandais
Suzan FLETCHER

Eve a 7 ans lorsque sa maman décède brutalement. Elle est alors confiée à ses grands-parents habitant au Pays de Galle.
Dans cette contrée qui lui est étrangère, la petite rouquine devra faire face à la méfiance des enfants du village. Mais lorsqu’une fillette disparaît, c’est le village entier qui semble la soupçonner du pire.
A près tout, sa mère n’est-elle pas morte dans des conditions suspectes ? Et son père, ce lâche qui a préféré fuir à la naissance de sa fille…
Premier roman de l’auteure. On n’y retrouve pas le sublime  d’« un bûcher sous la neige » mais déjà les prémices d’une écriture impressionniste voire sensuelle.
Un très bon moment de lecture.