Prix littéraires

PRIX LITTERAIRES 2013

 
Bon rétablissement
(Prix l'Express 2012)
Marie-Sabine ROGER

Veuf, retraité et bourru, Jean-Pierre se retrouve cloué sur un lit d’hôpital suite à un accident dont il n’a gardé aucun souvenir. Son immobilisation forcée lui laisse du temps pour râler (mais ça, il connaît) et faire le bilan de sa vie.
Pour un peu, il se sentirait comme chez luià l'hosto si une petite peste sans gêne ne venait pas squatter son ordinateur, si son sauveur n’était pas venu l’embêter à prendre de ses nouvelles, si l’enquêteur n’était sans cesse fourré à l’hôpital à lui poser des questions.
Et tant d’autres « si », encore !
C’est fou le nombre de personnes qui entrent dans sa chambre !
Un roman débordant d’humour et de tendresse. Un bouquet d’émotions et de rires.
Un livre qui devrait être obligatoire dans toutes les bibliothèques publiques !
A lire et à rire de toute urgence.


 
Chambre 2
(Prix du roman FNAC 2013)
Julie BONNIE

Il y a la Béatrice d’avant, la danseuse qui menait une vie de bohême dans une troupe itinérante de musiciens et de danseurs et il y a la Béatrice de maintenant, à l’étroit dans ses habits roses d’auxiliaire de puériculture.
Entre les deux, un drame qui a fait office de bascule.
Deux époques, deux vies.
L’une retraçant un parcours d’artiste et l’autre décrivant le quotidien d’une maternité. Un pont sous la forme d’une réflexion sur le corps des femmes et de l’enfantement.
Chacun des chapitres ouvre une porte sur une chambre occupée par une parturiente.
Un concentré d’histoires de vie et de mort.


 
Au revoir là-haut
(Prix Goncourt 2013)
Pierre LEMAÎTRE

Novembre 1918, la fin de la guerre est imminente. Les soldats français n’ont plus trop envie d’en découdre avec l’ennemi. Las, deux des leurs sont abattus et la riposte est violente. Encore un assaut. Le temps qu’Albert se rende compte de la mystification du lieutenant Pradelle et qu’il se retrouve en très mauvaise posture. Le temps qu’Edouard le sauve en y perdant la moitié du visage.
Ceci est une sorte de prologue, l’auteur va ensuite démontrer que : “Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après.”
L’heure de gloire des Poilus perd rapidement ses minutes. Les hommes d’affaires se mettent à la tâche et le patriotisme devient une marchandise. Tant de cadavres éparpillés, tant de tombes à creuser, tant de cercueils à construire, tant de monuments aux morts à ériger....
Quant à Albert, il essaye de se débrouiller en aidant celui qui l’a sauvé et qui s’en remet complètement à lui.
Et tout ceci forme un roman passionnant !

L'avis d'une lectrice :
A LIRE ABSOLUMENT


 
L'ombre douce
(Prix Première 2013)
Hoai Huong NGUYEN

« Le regard perdu dans le fleuve, Mai se disait qu'il lui faudrait attendre l'aube, dans la noirceur de l'eau froide jamais elle ne pourrait; elle voyait se dresser la silhouette démoniaque de la nuit qui l'attirait irrésistiblement. Sous ses pieds ensanglantés, les flots s'agitaient et leurs vagues furieuses lui rappelaient ce que Yann lui avait dit de l'océan. »
Mai est une jeune annamite qui aide à soigner les blessés. Yann un soldat breton touché à la poitrine. Nous sommes à Hanoï en 1954, vers la fin de la guerre d’Indochine. Les jeunes gens s’aiment, ils se marient dans l’urgence avant que Yann rejoigne son bataillon et que Mai soit rejetée par sa famille. La séparation est immédiate et pourtant : « Elle ne regrettait rien puisqu'ils avaient eu une journée entière, et la vie n'est-elle pas comme une journée ? »


 
Profanes
(Grand Prix RTL Lire 2012)
Jeanne BENAMEUR

Octave Lasalle, chirurgien retraité, nonante ans, encore en possession de toutes ses facultés intellectuelles, prépare sa fin de vie d’une manière originale : il compose une équipe de quatre personnes chargées de l’accompagner à des heures déterminées, consacrées à des tâches précises. Il a pris grand soin pour les choisir : « Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. »
Le lecteur découvre peu à peu les zones d’ombre et les secrètes fragilités des protagonistes. « Chacun des cinq personnages du roman a connu un moment dans son existence où la foi en quoi que ce soit de transcendant s’est brisée. »
Octave ne s’est pas trompé. Ce qu’il souhaitait se produit, même si, au départ, leurs horaires sont très compartimentés, des interactions se développent entre eux.
 Et : « Chacun des cinq va peu à peu reconstruire une route, sans dogme ni religion, pour retrouver la foi dans l’être humain, ici et maintenant. »


 
Certaines n'avaient jamais vu la mer
(Prix Fémina Etranger 2012)
Julie OTSUKA

Ce merveilleux petit roman de Julie Otsuka ne vous fera pas vivre une mais dix, cent histoires différentes. Au fait, combien ont-elles été toutes ces japonaises du début du XXème siècle à quitter leur pays pour les Etats-Unis ?
A peine sorties de l’enfance, elles abandonnent tout et traversent l’océan, des rêves plein la tête afin de rejoindre leur promis.
Mais le rêve s’effrite : brutal est le mari, misérable la vie, dur le labeur et suspicieuse la terre d’accueil.
Et pourtant, dignes seront et resteront toutes ces femmes.
Chant polyphonique et incantatoire, ce roman est un vrai bijou qui raconte des faits oubliés de la mémoire et de l’histoire.
A lire !


 
Peste & Choléra
(Prix Fémina 2012)
Patrick DEVILLE

Pasteur, on le connaît. Yersin, un de ses disciples, moins ou pas du tout. Comme il ne méritait pas cet anonymat, Patrick Deville nous en trace le portrait ou plutôt le suit à la trace car le bonhomme n’arrête pas de bouger.
Dès qu’il a découvert une chose, il passe à la suivante, il s’intéresse à tout : microbiologie, astronomie, botanique, ethnologie, mécanique et il voyage.
Né en Suisse, naturalisé français, il part en Indochine où il se trouve à l’origine de la ville de Dalat, dans l’actuel Vietnam, puis il s’installe à Nha Trang pour y mener passionnément ses multiples activités de chercheur, il revient aussi quelques fois en Europe.
Cette biographie, au rythme très enlevé, nous permettra en outre de croiser  Paul Doumer, le Dr. Schweitzer, Céline, Rimbaud, et même Serpollet, l'inventeur des moteurs qui feront la fortune de MM. Renault et Peugeot. Précisons quand même que Yersin a découvert le bacille de la peste.


 
La vérité sur l'affaire
Harry Quebert
(Prix Goncourt des Lycéens 2012
Grand prix du Roman de l'Académie Française)
Joël DICKER

La vérité, il nous faudra l’attendre longtemps. Ce n’est qu’à l’extrême fin de ce long et passionnant roman que nous la connaîtrons, après maintes et maintes découvertes qui ne permettent jamais à notre intérêt de faiblir.
Marcus Goldman a connu succès et fortune avec son premier roman. Hélas, pour le second, la page reste blanche et l’angoisse grandit. Par bonheur pour son inspiration, Harry, un ancien professeur avec lequel il est resté ami, est accusé d’un meurtre. Il aurait, il y a plus de trente ans, tué une jeune fille dont on a retrouvé, par hasard, le squelette dans son jardin. Marcus s’engage alors dans une enquête parallèle à l’officielle afin d’innocenter celui grâce à qui il est devenu écrivain. Tâche complexe car beaucoup plus de clair-obscur que de lumière dans les témoignages qu’il recueille…

Commentaire :
"Il y a une vraie jubilation à découvrir ce prodigieux roman, qu'on aurait tort de résumer à un thriller à l'américaine. Car, s'il a bien retenu les leçons des maîtres yankees, entre verbe efficace, construction virtuose et sens du suspense épatant, Joël Dicker a également su détourner avec habileté leurs codes et leurs archétypes. Et signe avec La Vérité sur l'affaire Harry Quebert un roman gigogne ébouriffant, drôle, intelligent, qui fait la part belle aux mensonges et aux faux-semblants" (Lire, novembre 2012 )