Romans

ROMANS 2013

 
Poussière d'homme
David LELAIT

Ils pensaient vivre ensemble une longue vie. Cela commença par une rencontre coup de foudre, une attente déçue suivit. Puis ce fut la passion, celle qui enflamme, déborde et pourtant s’installe dans un quotidien très tranquille, transcendé par un amour toujours plus dense. Ils étaient heureux, dissemblables et accordés, cœur et corps unis dans la même vibration. Hélas, trop tôt, si vite, la maladie a détruit l’être chéri. Le temps du bonheur a raccourci et la peur a angoissé le présent, la chimiothérapie interdit l’avenir. Aujourd’hui, de cette ardeur amoureuse restent seules des cendres brûlantes de douleur. Que cette poussière d’homme est lourde à porter…


 
Esprit d'hiver
Laura KASISCHKE

Jour de Noël, jour de fête.
Comme des millions d’américains, Holly s’apprête à fêter le 25 décembre en famille. Mais voilà, rien ne se passe comme prévu. Réveillés fort tard, Eric se dépêche d’aller chercher ses parents à l’aéroport. Entre temps, le blizzard s’est levé et un à un, les invités se décommandent. Sur le chemin qui les ramène, la maman d’Eric fait un malaise et est conduite à l’hôpital.
Holly s’apprête donc à passer Noël en tête à tête avec sa fille adoptive. Mais là encore, Tatiana, d’ordinaire si affectueuse se montre hostile envers sa mère.
Un huis clos oppressant, une ambiance dérangeante. Un livre fort qui laisse une étrange impression de malaise.


 
Les poissons ne ferment pas les yeux
Erri DE LUCA

Il s’agit d’un roman autobiographique aussi exact que peut être la transcription de souvenirs anciens. « À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. »
Erri a donc dix ans et passe ses vacances à la plage avec sa mère. Il aime les baignades, la lecture et la compagnie des pêcheurs. Un bel été jusqu’à l’arrivée d’une fillette et de trois autres garçons. Naît le trouble de ce qui n’est qu’une esquisse d’amour. Surgit la découverte d’un rapport brutal aux autres. Tout cela est loin, cinquante ans ont passé depuis ce passage de l’enfance à l’adolescence, moment fragile, inoubliable. Les poissons ne ferment pas les yeux et le jeune garçon non plus quand il embrasse pour la première fois.


 
L'île des oubliés
Victoria HISLOP

Parce que sa mère esquive toute allusion à son passé, Alexis, jeune archéologue anglaise, met le cap sur Plaka, un petit village crétois où sa mère a vécu jusqu’à ses 18 ans.
Les anciens se souviennent… Ainsi, une amie très proche de sa grand-mère prend Alexis sous sa protection et lui conte l’histoire familiale de la jeune fille.
Celle-ci apprend avec stupeur que son arrière-grand-mère a dû quitter son mari et ses deux filles pour s’exiler sur l’île de Spinalonga faisant face à Plaka.
Le malheur ne s’arrête pas là. La lèpre frappe à nouveau quelques années plus tard, un autre membre de la famille…
Une histoire triste et lumineuse qui laisse une belle place à l’espoir et à la tolérance.
Vous aurez d’autant plus de plaisir à lire ce roman si vous avez déjà visité la Crète.


 
Les filles de l'ouragan
Joyce MAYNARD

2 mondes, 2 familles, 2 destins qui se croisent dans l’Amérique des années 50. Des vies qui passent avec des douleurs, des passions et des deuils.
On le pressent très vite : Ruth Plank et Dana Dickerson sont bien plus que des « sœurs d’anniversaire ». mais le charme du roman est ailleurs : dans cette Amérique rurale où chacune des protagonistes essaye de trouver sa voie dans un monde où elle se sent quelque peu étrangère.
Très beaux portraits de femmes s’étendant sur plus d’un demi siècle.


 
Tout ça pour quoi
Lionel SHRIVER

« C’est du lourd » suivant l’expression à la mode pour un roman qui ne l’est pas.
Le sujet est grave et l’approche sans complaisance. Pas habituel de décrire cliniquement le cancer, ses ravages physiques et psychologiques et son coût. Depuis des années Shep fantasme de quitter toutes les contraintes de son quotidien  pour l‘Ile de Pemba (Tanzanie) et cette fois, décidé, il a acheté trois billets d’avion, tant pis si l’épouse et le fils refusent de l’accompagner, il partira seul. A peine a-t-il exprimé son choix que s’écroule son rêve : Glynis lui apprend enfin qu’elle est atteinte d’un cancer, dès lors plus question de départ quand il faut soutenir et affronter. La suite ? Les difficultés familiales, les traitements, leurs ravages, les sommes exorbitantes qu’il faut débourser car, aux USA,  le prix de leur santé incombe largement aux malades. Comme le cancer est présenté comme une « bataille » à mener Glynis ressent sa faiblesse comme une défaite. Si au moins ces tortures infligées au corps s’appuyaient sur un espoir réel de guérison et pas sur une illusion ruineuse !
Petit rappel :
Lionel Shriver est une femme, auteur de « Il faut qu’on parle de Kevin »


 
L'étoile et la vieille
Michel ROSTAIN

Toutes les stars ne sont pas hollywoodiennes, il en est de françaises, appelées étoiles. Il en est  de jeunes et belles. Il en est de vieilles et moches. L’important est qu’elles ne doutent pas de leur aura, et, pas à dire Odette a une confiance absolue en la sienne  Elle a plus de 80 ans, elle perd un certain bout de mémoire dans les passages délicats sans se tracasser : le public l’associe à son accordéon, au tour de France, aux bonheurs populaires. Un metteur en scène, spécialiste des présentations intellectualisantes classiques, quoique branchées, accepte la gageure : il produira un spectacle inattendu, réunissant le goût populaire et l’esthétisme classieux. De metteur en scène, il devient rapidement une sorte de régisseur, soumis aux caprices de la vedette vieillissante, et même très fort sur le déclin : c’est plus fort que lui, il reste fasciné par le prestige du vedettariat. La représentation aura-t-elle lieu ? Il en doute à chaque jour. Mais que faire contre l’espoir d’une sorte de miracle lié à la force de la volonté de qui ne veut jamais douter de ses faiblesses …


 
Madame George
Noëlle CHATELET

Croire aux fantômes. Non. Croire à certains passages entre les morts et les vivants. Pourquoi pas ? Jean-Marc, médecin, psychiatre et psychanalyste, commence par refuser de se laisser envahir par des anecdotes qui se multiplient et qu’il écoute de plus en plus mal à l’aise. Ses patients, ses amis ont tous envie de raconter des moments étranges qu’ils ont vécus en compagnie de défunts aimés ou étrangers à leur existence.
Très vite, pour un esprit croit-on, cartésien, il glisse vers le paranormal. Le voilà, à l’occasion d’un congrès, invité dans la maison/musée de George Sand. Il y entend des voix !
Nous vous laissons découvrir lesquelles.
Ce qui est le plus inattendu, c’est peut-être le thème choisi par l’auteur qui passe dans un registre tout à fait irréaliste…


 
L'ardoise magique
Valérie TONG CUONG

Alors que tout les sépare, Alice et Mina sont amies, à la vie à la mort…
Lorsque la première parle de se suicider, la seconde souscrit au projet de s’ôter la vie.
La première sautera du parapet lors du passage d’un train. La seconde, elle, prendra la fuite. Submergée par la honte de n’avoir pas sauté, Mina se réfugie dans la cabane de jardin d’une maison à vendre dans le quartier de son amie. Là, elle fera connaissance de Sans-Larme, un jeune gothique lui aussi porteur de bleu à l’âme…
Une intrigue psychologique qui explore les méandres de l’adolescence…


 
Noces de neige
Gaëlle JOSSE

Nice1881, la famille du grand-duc Alexandre Feodorovitch Oulianov s'apprête à quitter l’hexagone pour retourner en Russie. En effet, elle y passe tous ses hivers pour échapper au grand froid sibérien. Anna Alexandrovna, fille du grand-duc, est lasse des réceptions qui réunissent tout le beau monde européen et dans lequel des femmes bien plus jolies qu'elle paradent à la recherche du meilleur parti. Il lui tarde de quitter cet univers et de vivre enfin sa passion pour le cheval.
 Cinq jours de voyage en train l'attendent pour rejoindre St Petersburg, cinq jours qui pourraient bien changer son destin…
Moscou 2012, Irina s'apprête à rejoindre Nice, où l'attend Enzo, qu'elle a « rencontré » quelques mois plus tôt sur internet. Elle fuit la misère de la Russie dans l'espoir d'une vie meilleure, aux côtés de ce jeune banquier français plein d'amour et de promesses.
Mais lors de son voyage en train, elle va faire une rencontre qui pourrait bien modifier ses projets …
Noces de neige nous conte l'histoire de deux destins qui ne peuvent se croiser et qui pourtant sont intimement liés l'un à l'autre. Un récit double où deux voix féminines – l'une sur le retour, l'autre sur le départ – relatent en alternance leur mois de mars décisif. Deux chants de désirs et de quête d'accomplissement.


 
Les frères Sisters
Patrick DEWITT

C’est tout de même chouette de se sentir bien dans le travail qu’on effectue. Charlie y est tout à fait à l’aise. Eli, son frère, un peu moins, or, tueur professionnel est un métier spécial qui ne réclame pas d’état d’âme. Eli, lui,  continue à voir dans ses victimes les êtres vivants qu’ils vont cesser d’être et, quand il le peut, il envisage des solutions moins radicales, toujours récusées par son frère. Bref, on est en Orégon, en 1851, et leur patron leur a fixé un boulot précis. Ils ne rechignent pas à la tâche, seulement, il y a tant d’individus hostiles - Ruée vers l’Or en plein boum -  qui se présentent sur leur route qu’il faut bien les éliminer, quitte à prendre du retard. Et les cervelles éclatent et le sang gicle, tout cela dans la plus grande décontraction. Une histoire drôle. En fait, rien de moins gore que ce roman où les ruisseaux d’hémoglobine répandus par les « frères Sisters » amusent le lecteur au lieu de l’écœurer. Et l’épilogue est si apaisant …


 
Les insurrections singulières
Jeanne BENAMEUR

 Singulier : « qui concerne un seul individu » s’oppose à  pluriel : «  qui sert à indiquer qu’il s’agit de plusieurs personnes ou plusieurs choses. »
L’insurrection d’Antoine est singulière parce que, même s’il est révolté par les effets destructeurs de la mondialisation, il ne sait se considérer comme faisant partie d’un groupe. Son père était ouvrier, lui, il fait ouvrier. Les études ne l’intéressaient pas alors, après divers boulots, il a fini par entrer à l’usine, c’était « comme si elle l’attendait ».
Pour plaire à celle qu’il aime, il a joué avec les mots de la revendication extrême sans croire pourtant à leur efficacité. Elle s’est lassée : pas assez d’actes. Elle le voyait comme représentatif de la classe ouvrière. Seulement, la classe ouvrière, elle n’existe plus, c’est un mythe d’intellectuelle de gauche. Lakshmi Mittal délocalise, les travailleurs sont impuissants, les syndicats aussi. Bientôt l’acier se fabriquera au Brésil. Alors, Antoine décide d’aller là-bas pour rencontrer ces ouvriers, heureux d’avoir un emploi et qui ne se rendent pas encore compte qu’ils le prennent à d’autres et que, bientôt, d’autres le leur prendront.
Quels sont encore le sens et la valeur du « travail » à notre époque et que seront-ils demain ?


 
Le bon coupable
Armel JOB

Ils sont deux conducteurs à être passé à midi, le dimanche à Malemaison, l’heure à laquelle le village est désert, celle où les habitants pris par leurs occupations, messe, bistrot, préparation du repas, n’entendent pas les voitures empruntant la rue principale. Il s’agit de Carlo Mazure, marchand de bestiaux, et de Régis Lagerman, procureur du roi, l’un au volant d’une jeep, l’autre d’une Jaguar. Le premier était ivre, comme souvent, l’autre revenait retrouver sa famille après un détour par chez sa maîtresse. Lequel des deux a tué Clara ? Elle avait dix ans, rejoignait l’atelier où son père, carrossier, boudait à la suite d’une querelle conjugale. Les parents mal assortis s’étaient pourtant aimés, c’était avant la guerre, celle qui a retenu Hector prisonnier, dont il est revenu le cœur abîmé, jusqu’à la naissance de sa fille, adorée. Un drame. Qui est le coupable ? Quand le statut social prime sur l’intégrité, le bon coupable n’est pas nécessairement le vrai.


 
Les femmes aux cheveux courts
Patrice LECONTE

Françoise souhaitait vous faire partager son coup de coeur :
Il faut le sortir de l'ombre ce petit roman-là. Il a un charme fou. En bibliothèque depuis 2011 et pas une page écornée ? !.Un écriture très agréable pour un roman qu'on peut lire sans se casser la tête

Présentation de l'éditeur :
Je m'appelle Thomas, je suis un chic type, je travaille dans une papeterie, j'ai vingt-sept ans, j'aime les femmes aux cheveux courts. Et il me reste un peu moins de trois ans pour trouver la femme de ma vie.
Ce jeune homme qui aimait les femmes (aux cheveux courts) enquête dans un paris de carte postale à la recherche de l'amante idéale. Le premier roman de Patrice Leconte possède le charme et la fantaisie qui ont fait le succès de ses nombreux films, du Mari de la coiffeuse à La Fille sur le pont.


 
La ballade de Lila K
Blandine LE CALLET

Lorsque Lila arrive à l’orphelinat/pensionnat/prison, elle est clairement traumatisée : elle fuit tout contact humain, refuse de parler et recrache toute nourriture.
Qu’est-il arrivé à Lila ?
C’est ce qu’elle va essayer de comprendre avec une détermination sans faille. Elle apprendra à louvoyer dans une société ultra sécuritaire. Elle ira même jusqu’à dépasser ses phobies pour retrouver sa mère.
Le récit d’un apprentissage individuel tissé d’une réflexion sur la perte de liberté dans un monde régi par la technologie.
A lire ABSOLUMENT et surtout, SURTOUT, ne pas s’arrêter au faux air de S-F du roman.


 
Cherchez la femme
Alice FERNEY

L’auteur s’attache ici, minutieusement, à démontrer qu’un mariage concerne six personnes, au moins. Les mariés, bien sûr, mais aussi leurs parents respectifs. Ainsi, la relation entre Serge et Marianne s‘enracine en quelque sorte dans celle qu’ils ont entretenue et entretiennent encore, avec Nina et Vladimir d’une part et de l’autre avec Brune et Henri. Le gâchis commence dès l’enfance, dès avant même leur conception, par la nature du lien qui unit leurs parents. Vladimir, confondant désir et amour, a épousé Nina quand elle avait quinze ans et, s’il n’a jamais remis sa décision en question, jamais non plus il n’a vu sa femme comme elle était et se défaisait, faible, inaboutie, glissant, sombrant. Pas plus qu’il n’a admis la réalité d’un fils idolâtré et, par là, gâté dès l’âge le plus tendre par la haute estime qu’il va prendre de lui. Une mère bardée de certitudes et un père qui les accepte par facilité ont fait de Marianne une femme, inquiète, éblouie par l’assurance de Serge, incapable d’en voir la vacuité et donc asservie dans un amour inconditionnel. C’est une sorte de chronique de la mort annoncée d’un couple qu’autopsie l ‘écrivain.


 
L'impossible pardon
Randy Susan MEYERS

Lulu a dix ans et Merry six.
Malgré l’interdiction formelle d’ouvrir la porte à leur père, l’aînée le laisse entrer. Imbibé d’alcool et ivre de colère, celui-ci tue son épouse et poignarde la cadette. Il est arrêté et emprisonné.
Mise au ban par leur famille, les filles sont recueillies par leur grand-mère avant d’être envoyées dans un orphelinat.
La plus grande refuse catégoriquement tout contact avec son père tandis que la seconde lui rend régulièrement visite en prison.
Un roman de 500 pages qui nous livre le parcours des 2 sœurs de l’enfance à l’âge adulte. Sœurs à tout jamais marquées par le drame. Sœurs qui s’efforcent de vivre malgré le drame.


 
Marie d'en haut
Agnès LEDIG

Marie est fermière. Pas une vieille paysanne bien bâtie, un fichu sur la tête, une jupe à grosses fleurs au-dessus des bottes et quelques poils au menton. NON. Elle est jeune, pas mal roulée mais réputée pour être caractérielle.
Lorsqu’Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle pour une enquête, la confrontation entre les deux caractères difficiles provoque quelques étincelles.
Pourtant, irrémédiablement attirés l’un vers l’autre, ils vont se retrouver et…
Une histoire d’amour, une histoire de vie qui rit et qui pleure. Une histoire toute simple qui touche et qui fait mouche.


 
Le sourire étrusque
José Luis SAMPEDRO

On ne peut attendre qu’un vieux calabrais, paysan de racine, ne reconnaissant que le goût donné par sa terre à tout ce qu’il mange, se prenne de passion pour l’industrieuse et artificielle ville de Milan. Mais bon, il cède aux impératifs de la maladie et vient donc habiter chez son fils où tout lui déplaît, des plats surgelés à sa belle-fille, osseuse, à la poitrine plate. Pourtant, dans cet environnement hostile, il découvre une lueur, plus, une présence irradiante : Bruno, son petit-fils. Et le voilà qui fond de tendresse, lui parle de son passé partisan, persuadé qu’il peut insuffler à ce tout jeune enfant la force qu’il possédait et qui le déserte. Si la « Rusca » le taraude avec la férocité d’un crabe exterminateur, il l’affronte vaillamment – c’est qu’il veut guider Bruno dans son chemin de vie … et aussi survivre à son plus vieil ennemi !