Romans

ROMANS 2015

  Les promesses Amanda STHERS

Il est choyé, Sandro, en Italie, côté paternel et Alexandre, en France, côté maternel. Le luxe, la tendresse familiale, il a devant lui un avenir radieux. Seulement, en grandissant, Alexandre/Sandro va se découvrir une inaptitude essentielle au bonheur. Tour à tour époux, amant, père, il est incapable de tenir ces rôles longtemps, comme s’il ne pouvait pas entrer dans sa propre vie. Il souffre d’une sorte de dissolution permanente de sa réalité. Qu’est-ce qui est vrai ? Déjà à sept ans, il se posait l’angoissante question. Il connaîtra pourtant l’amour, celui qu’il refuse de peur de l’abîmer car, pour qu’il existe, il ne faut pas le vivre. Sa relation avec Laure restera en pointillés, avec de longs intervalles entre les rencontres. L’amour existera dans les mots qui ne se disent pas, dans les gestes qui ne s’accomplissent pas.
Le temps déroule les années. Pour Sandro/Alexandre, il n’y aura eu que cela : une enfance dans laquelle il se sentait à l’étroit dans sa hâte de devenir un homme, cet homme qu’il ne sera jamais.


  La terre qui penche Carole MARTINEZ

Elles sont deux. Elles sont une. La petite fille et la vieille âme. Ensemble, dans le même tombeau. L’une raconte de l’autre sa si courte vie. Non loin, près du Domaine des Murmures, la rivière est une fée, est une femme. Elle en a les douceurs, les emballements, les colères quand la passion devient la haine. L’ogre est un lourd soldat ravissant les petites filles, rouges feux follets parmi les herbes hautes. Aymon, l’Enfant, a le visage d’un ange et peut se fondre en tout ce qui vit, il devient arbre, oiseau, souffle du vent. La petite fille n’aura pas le temps de grandir sur cette « Terre qui penche », juste le temps, intense, de craindre, de découvrir, d’aimer et de nous enchanter par les mots de la Vieille qui la conte. Carole Martinez entraîne le lecteur dans un monde où le merveilleux s’encre dans la sensualité de la nature ressentie au plus profond.


  Et je danse aussi Anne-Laure BONDOUX
Jean-Claude MOURLEVAT

Il est écrivain à succès en panne d’inspiration.
Elle est fan de cet auteur et souhaite partager avec lui des moments de vie…
Un roman épistolaire qui tient du miracle. Une plume merveilleuse qui conjugue drôlerie et émotion.
Un livre lumineux qui vous éclaboussera de rires, de larmes et de bonheur.
Vous n’imaginez pas la chance que vous avez, vous qui allez seulement commencer à lire cette histoire !


  Les oubliés du dimanche Valérie PERRIN

Justine et Hélène.
Chacune à un bout de la ligne du temps.
Et sur cette ligne, des mots et des histoires d’hier et d’aujourd’hui.
A la veille de s’échouer sur le rivage d’une vieillesse fatiguée, l’aînée raconte tandis que la cadette écoute et retranscrit dans son beau cahier bleu.
Justine, la jeune, parviendra-t-elle à combler les trous de sa propre histoire ?
Un premier roman émouvant, tendre et pudique qui fait l’unanimité


  Nous rêvions juste de liberté Henri LOEVENBRUCK

« Nous » = 4. Des adolescents : Hugo, le narrateur, ses amis Oscar et Alex et son meilleur ami Freddy. Le « rêve », c’est imaginer pouvoir échapper à la petitesse de l’existence qui les attend dans une petite ville étouffante. La « liberté » consiste en de grandes randonnées en moto aux alentours jusqu’à la vraie aventure, le grand départ. Ils sont donc quatre à former la bande à Ceresto. Freddy est très « classe » et son autorité naturelle s’impose sans effet et sans effort, les trois autres l’admirent et le copient. Ensemble, ils font ce que « les braves gens n’aiment pas que », ils boivent, ils fument, ils volent – jamais les pauvres. Ils sont heureux, puissamment heureux, simplement parce qu’ils sont unis par une amitié solide et qu’ils partagent la même passion pour la moto. Petit à petit, va se fonder un club de motards car d’autres jeunes les rejoignent, les « Spitfires » auront leurs couleurs, leurs patchs, ils se bastonneront avec d’autres clubs. C’est encore pour un moment la liberté. Et puis du « nous » il ne restera qu’Hugo pour poursuivre le rêve jusqu’à …


  Toute la lumière que
nous ne pouvons voir
Anthony DOERR

Saint-Malo, 1944. Les Allemands se sont repliés dans la ville corsaire et en août, la ville est bombardée, pilonnée, par les Alliés.
Marie-Laure, une jeune aveugle de douze ans, s’est réfugiée dans la cave de la maison où son père, fuyant le Paris de l’Occupation, l’a emmenée depuis plusieurs mois.
Par ailleurs, dans une autre cave, se trouve Werner, un allemand d’une vingtaine d’années, qui s’occupe des transmissions électromagnétiques pour le compte de la Wehrmacht. C’est un orphelin, sans autre avenir que la mine, qui a été embrigadé dans les Jeunesses hitlériennes à cause de son don pour les mathématiques.
Cette situation est le point de départ de deux récits alternés, celui qui concerne Marie-Laure et celui qui concerne Werner. Comment l’un et l’autre, dont les enfances furent si divergentes, se sont-ils retrouvés dans une ville en ruines ?

« Doerr offre un roman soigneusement documenté et une fresque d’une beauté envoûtante.
Bien plus qu’un roman de guerre, « Toute la lumière que nous ne pouvons voir est une réflexion profonde sur le destin, le choix et l’humanité. » - présentation de l’éditeur.


  Le secret du mari Liane MORIARTY

A l'instar de l'épouse de Barbe Bleue, jamais Cécilia n'aurait dû ouvrir une lettre écrite par son mari portant la mention "A n'ouvrir qu'après ma mort".
Le mal est fait et la jeune femme va devoir porter le secret de sa moitié. Il lui faudra aussi choisir quelle attitude adopter sachant qu'elle devra mettre en balance sa vie maritale et sa vie familiale. Sans compter que deux autres familles sont également impliquées et dévastées par ce terrible secret qui ouvrira des placards remplis de cadavres.
C'est sûr, si elle avait su, jamais, au grand jamais Cécilia n'aurait ouvert cette maudite lettre...
Des personnages crédibles à la personnalité fouillée et une intrigue qui tient en haleine. Telles sont les caractéristiques de ce roman qui a déjà séduit plusieurs millions de lecteurs à travers le monde.


  Soudain, seuls Isabelle AUTISSIER

Le projet d’une belle aventure : une longue balade en mer, de pays en pays, pour échapper à l’enfermement gris du quotidien. Louise et Ludovic, trentenaires tout confort, sont partis pleins de l’enthousiasmant sentiment de liberté. Et  « Soudain, seuls », sur une île inhospitalière parce que Ludovic s’est montré imprudent. Robinson disposait de multiples biens récupérés sur l’épave, il était ingénieux et adroit, eux sont démunis, trop habitués aux facilités modernes. Comment survivre ? Les voilà contraints à se nourrir de manchots qu’ils ont massacrés à coups de bois et qu’ils disputent aux rats.
Que va devenir leur amour flambant ? Et même, dans ces conditions extrêmes, comment conserver leur part d’humanité ? Un roman lucide, beau et passionnant.
Petite info :
Isabelle Marie Clotilde Autissier, née le 18 octobre 1956 à Paris, est une navigatrice française, première femme à avoir accompli un tour du monde en compétition, en 1991. Installée à La Rochelle depuis 1980, elle est également écrivain et présidente du WWF-France.( Wikipedia)


  La bibliothèque des coeurs cabossés Katarina BIVALD

Sara Lindqvist, vingt-huit ans vit en Suède et dans les livres. Amy Harris, soixante-cinq ans vit dans l’Iowa, elle est aussi une grande lectrice et, après de nombreux échanges de lettres, elle convainc sa correspondante de lui rendre visite. Las, quand Sara débarque à Broken Wheel, Amy vient de mourir. Voilà la jeune femme contrainte de rester deux mois dans une petite ville aux habitants plutôt sympathiques mais qui n’ont jamais lu un livre et qui n’ont pas l’intention de commencer. Sara se sent complètement déboussolée, elle qui n’a jamais vécu qu’auprès des personnages de roman, elle doit côtoyer des êtres réels. Comment occuper son temps, honorer la mémoire d’Amy et essayer de communiquer sa passion pour la littérature ? Heureusement, elle se découvre organisée et pleine d’initiative : Broken Wheel va bientôt s’enorgueillir d’une librairie originale et ses habitants se mettre à apprécier la bizarre étrangère. Voudront-ils la laisser repartir ?


  Un paradis trompeur Henning MANKELL

Il fait très froid en Suède et les pauvres, en ce début du XXIème siècle, n’ont d’autre avenir que leur misère.
Il fait très chaud au Mozambique et les Noirs, à la même époque, n’ont d’autre avenir que de servir les Blancs.
Mankell nous raconte un étrange destin : de son village glacé, Hanna est passée aux moiteurs torrides d’une colonie portugaise. Vivant au départ dans le plus  profond dénuement, elle s’est retrouvée tenancière d’un bordel florissant. Les étapes de ce parcours construisent le roman mais ce n’est sans doute pas l’essentiel, même si son cheminement est intéressant et touche le lecteur. L’auteur, à travers les étonnements de son personnage féminin, nous rend surtout sensibles à la peur qui anime les Noirs et les Blancs, face - à - face, et les rend dangereusement étrangers les uns aux autres. Un ouvrage qui, dénonçant le racisme, en explique les origines.
A lire !


  De regrettables incidents Armel JOB

Une famille d’origine kazakhe n’a jamais été intégrée dans une petite commune belge - la méfiance vis-à-vis des étrangers. L’une des deux filles souffre d’une maladie orpheline qui l’empêche de grandir, l’autre est très belle et se voit proposer un rôle dans le spectacle annuel de la troupe de théâtre locale. Elle finit par accepter. Il apparaît que, chaque année, une autre jeune première monte sur les planches. Pourquoi ? Le nouveau directeur est amené à se le demander. Ce qu’il découvre va détruire sa tranquillité d’époux amoureux et provoquer des événements assez dramatiques en chaîne.
L’auteur introduit souvent dans ses romans une intrigue qui, sans être vraiment policière, structure le récit et accroche le lecteur. C’est le cas ici.
Bonne lecture…


  Les suprêmes Edward Kelsey MOORE

Elles sont trois, surnommées ainsi en référence au groupe des chanteuses en vogue dans les années 60. Différentes et complémentaires. Indestructiblement amies. Odette, la plus ronde, audacieuse, au franc parler. Barbara Jean, la plus belle aux lourds chagrins. Clarice, sage et résignée, acceptant comme doit le faire une bonne épouse, les multiples infidélités de son mari si séduisant. Elles sont fortes et fragiles, s’aidant à tour de rôle quand la vie les éprouve. Leur point de ralliement est un restaurant de leur petite ville où depuis des années, chaque dimanche, elles se retrouvent pour papoter et cancaner, parfois même en compagnie de fantômes.
Précisons que nos vibrantes héroïnes sont noires et que quand elles étaient jeunes, le blanc et le noir ne pouvaient se mêler, d’où un certain drame.
Une belle histoire, chaleureuse, qui suscite une émotion toujours teintée de drôlerie.


  Contrecoups Nathan FILER

Matthew a 19, 18, 6, 9 ans. Il a l’âge des souvenirs qui lui reviennent par bribes. Désordre de la mémoire. Puzzle dont jamais les éléments ne s’ajustent. Hallucinations. Et la voix qui le trouble ou le rassure, celle de son frère aîné, mort accidentellement. Toujours la culpabilité, pesante, obsédante. Matthew est schizophrène. Parents malheureux, désorientés, impuissants. Quelques semaines en autonomie dans un appartement, suivies du retour répété en hôpital psychiatrique où les jours sont copiés les uns sur les autres. Les médicaments qui l’aident et l’abîment. Le jeune homme ne vaincra pas le « serpent » mais à force de dessins et d’écriture, il pourra vivre à ses côtés et parfois même être heureux.

Nathan Filer dont c’est le premier ouvrage a été infirmier psychiatrique pendant dix ans à Bristol.


 
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélérinage
Haruki MURAKAMI

Ils formaient « une communauté harmonieuse, sans perturbations ». Cinq adolescents, trois garçons, deux filles, chacun portant dans son patronyme une indication de couleur, sauf Tsukuru. Un jour, ce dernier se fit éjecter du groupe sans qu’il lui fût donné de raison. Désespéré, il pensa pendant des mois obsessionnellement à la mort et puis, le temps ayant passé, il s’aperçut que de profondes modifications s’étaient opérées dans son corps. Il était devenu autre sans avoir guéri. Une rencontre amoureuse, bien plus tard, l’amène à enfin essayer de comprendre le pourquoi de cet ancien rejet. Alors, Tsukuru l’incolore, s’en va à la recherche de ses anciens amis, une occasion aussi de connaître leur devenir personnel.       « Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés…. »


 
Le dernier gardien d'Ellis Island
Gaëlle JOSSE

Jusqu'au 12 novembre 1954, Ellis Island fut une île de transit pour les immigrants arrivant aux Etats-Unis. Nommée "La porte d'or", elle se situe à 800 mètres de la Statue de la Liberté, à l'embouchure de l'Hudson.
Le court roman de Gaëlle Josse donne la parole au dernier directeur du centre qui entreprend la rédaction d'un journal.
Mémoires d'une île, d'une époque et de l'Histoire. mais avant tout, mémoires d'un homme mêlé à des événements tragiques et pétri de remords et de culpabilité.
Un livre tout en émotion qui risque d'en bousculer plus d'un.


 
Trente-six chandelles
Sabine ROGER

C’est un fait avéré : depuis 4 générations, le jour de leurs 36 ans à 11h du matin, tous les hommes de sa famille meurent.
Résigné, Mortimer, sapé en grand deuil (sauf pour les chaussettes fantaisies aux motifs oursons rouges et  jaunes) s’apprête à mourir. Mais c’est sans compter les facéties du destin.
Maintenant qu’il a la vie devant lui, qu’en fera Morty, lui qui s’est déjà tout jeune, habitué à vivre sans lendemain…
Un roman fantaisiste et drôle à l’humour gouailleur qui, mine de rien, nous amène à nous poser la question de l’usage que nous faisons de notre temps.
Le nombre de chandelles importe peu dans le questionnement. Que vous en ayez 40, 52, 65 ou 70, vous ne serez pas dispensé(e) de vous interroger.

 


 
Meursault, contre-enquête
Kamel DAOUD

Il était « L’Etranger » et pas seulement parce que, Français, il vivait à Oran. Il s’appelait Meursault, tous les lecteurs de Camus connaissent son nom. Celui de « L’Arabe » qu’il a tué sur une plage et sous un soleil aveuglant, il nous reste ignoré. Alors, Kamel Daoud a décidé de lui donner une identité et
« L’Arabe » est devenu Moussa, grâce au récit de son frère, inventé par l’auteur. De soir en soir, dans un bar, un vieil homme raconte le passé, le jour lointain du meurtre, la colère qui depuis l’anime face à l’indifférence générale. Moussa, mort anonyme, se voit enfin, plus d’un demi siècle plus tard, doté d’une existence propre. De l’Algérie colonisée à l’Algérie contemporaine, Kamel Daoud « contre-enquête ».

 


 
On ne voyait que le bonheur
Grégoire DELACOURT

Résumé de Françoise
Grégoire DELACOURT dépose délicatement les vrais mots sur les maux de cet homme déchiré. Un mal être qui se transmet de père en fils.
Qu'il est difficile d'aimer ! ! !
L'auteur sait dire l'innommable avec douceur mais sans détours.
et le pardon viendra comme une promesse d'un nouveau départ. Une famille se déchire et beaucoup de liens se tissent ou se dénouent. C'est donc avec raison que ce livre bouleversant s'intitule "On ne voyait que le bonheur".

 


 
La reine Alice
Lydia FLEM

Alors qu’Alice essaye des robes d’été, tout bascule : elle se retrouve de l’autre côté du miroir en se découvrant un cancer du sein. Le cauchemar commence mais l’auteur le décrira à la façon d’un conte inspiré de Lewis Caroll. Une manière ludique, pudique, de tenir l’angoisse à distance. Alice devient la Dame aux foulards, coquetterie et couleurs pour combattre les ténèbres qui la guettent. Un « attrape-lumière » lui permet de sauvegarder les moments précieux. L’écrivain suit la chronologie des soins qui lui sont donnés, chimios, radios, effets secondaires dévastateurs, rien n’est omis, seulement réalité et fiction se mêlent. Ainsi, évoluent autour d’elle, le Ver à Soie et son double volant, le Blanc Lapin et le sourire du Chat du Cheshire, le Grand Chimiste et Lady Cobalt etc.
Dans une critique du journal le Soir Lucie Cauw écrit : «  Dans ce roman qui n’élude rien de ce qui est difficile, perte des cheveux, douleur, angoisses, fatigue, traitements, Lydia Flem parvient à métamorphoser la douleur en beauté. Son livre se déguste et nourrit le cœur et l’âme. »


 
Ce que je peux te dire d'elles
Anne ICART

Ce que je peux te dire d’elles   Anne ICART
Une histoire de famille. Une histoire de femmes étalée sur 4 générations. Une tribu soudée qui nous raconte ses joies, ses peines, ses espoirs et ses déceptions.
Un clan qui se cogne à la petite et grande histoire.
Bref, une saga émouvante qui traverse le 20ème siècle.


 
Nos mères
Antoine WAUTERS

Résumé par Colette 
Un gamin raconte sa quête éperdue de l'amour de sa mère biologique d'Orient d'abord, de sa mère adoptive d'Occident ensuite.
Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ce gamin dont la première maman se retrouve veuve de son mari tué à la guerre, une guerre qui n'en finit pas ?
Comment s'en sort un gamin dont la deuxième maman est en manque de père, d'amour et incapable d'aimer ?
Le regard de ce gamin sur ses deux mamans… Terrible !
Un hymne au rêve, à la culture, au beau comme bouées de sauvetage, raisons de vivre… remèdes au silence, solutions face à la négation de la réalité, à l'incapacité d'aimer et d'être aimé !
Je trouve que les personnalités sont poussées à l'extrême; néanmoins, si le texte paraît terrible, il me semble aussi très vrai !
Antoine Wauters est né à Liège en 1981.


 
Etienne regrette
Antoine SENANQUE

Que regrette-il Antoine ? La vie qu’il mène depuis tant de temps. Fade, incolore, exagérément quotidienne. Un graffiti gravé sur un banc l’a déstabilisé. «  Fusain est un con ». Jamais plaisant de lire une appréciation humiliante qui entre au cœur comme un verdict. Antoine est professeur de philosophie, plutôt terne, plutôt ennuyeux. Il est donc un con. Ah !… Voilà que la petite phrase agit comme un séisme. Antoine lâche tout, son métier, sa femme, sa famille et se réfugie chez un ami célibataire. Là, il glande un peu en remâchant l’expression assassine et puis son ami lui propose une expérience qui va le dynamiser. Antoine commence une autre vie, déjantée, amorale, tellement plus drôle.
Plus de banalité, Antoine ne regrettera plus rien.
Le roman est à la fois léger et grave, un peu cynique parfois. Et vous, vous ne regretterez pas de l’avoir emprunté…


 
Un paradis trompeur
Henning MANKELL

Il fait très froid en Suède et les pauvres, en ce début du XXième siècle, n’ont d’autre avenir que leur misère.
Il fait très chaud au Mozambique et les Noirs, à la même époque, n’ont d’autre avenir que de servir les Blancs.
Mankell nous raconte un étrange destin : de son village glacé, Hanna est passée aux moiteurs torrides d’une colonie portugaise. Vivant au départ dans le plus  profond dénuement, elle s’est retrouvée tenancière d’un bordel florissant. Les étapes de ce parcours construisent le roman mais ce n’est sans doute pas l’essentiel, même si son cheminement est intéressant et touche le lecteur. L’auteur, à travers les étonnements de son personnage féminin, nous rend surtout sensibles à la peur qui anime les Noirs et les Blancs, face - à - face, et les rend dangereusement étrangers les uns aux autres. Un ouvrage qui, dénonçant le racisme, en explique les origines.
A lire !