Romans biographiques

ROMANS BIOGRAPHIQUES 2015

 
Je vous écris dans le noir
Jean-Luc SEIGLE

« La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés  »
Paul Eluard

Elle, c’est Pauline Dubuisson. Elle n’a pas dix-sept ans et, infirmière avant d’entreprendre des études de médecine, elle a été la maîtresse du médecin-chef allemand. A la fin de la guerre, méprisée, souillée, elle est face à une populace excitée par une tardive vertu, victime de la haine et de la violence. Si dans les faits, Pauline ne sera pas exécutée, elle gardera pour toujours cette blessure ancrée en elle. Quelques années passent, des hommes se succèdent et de l’un d’eux, elle tombe amoureuse. Puisqu’il la demande en mariage, la voilà amenée à lui apprendre l’épisode qui l’a détruite. Félix la rejette, l’insulte et Pauline l’abat. C’est un fait-divers, un vrai : Pauline Dubuisson a existé. Son histoire fut mise à l’écran par Clouzot (« La Vérité - avec Brigitte Bardot ») et Jean-Luc Seigle lui prête ici son écriture pour porter un éclairage sur sa vie. Une autre « vérité», peut-être mais plus nuancée et sans doute très crédible. Justice enfin faite pour cette femme que tant de bonnes consciences se délectèrent à condamner ?


 
Lola Bensky
Lily BRETT

A 19 ans, elle était ronde, très ronde, et passait beaucoup de temps à réfléchir à des régimes farfelus qu’elle ne commençait jamais. A Londres, New York, Los Angeles, elle interviewait les vedettes montantes : Mike Jagger, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Anis Joplin, pour un magasine rock australien. Lola Bensky, est la fille d’émigrés juifs, survivants d’Auschwitz dont la mémoire, saturée d’horreurs, les rend incapables d’être psychologiquement présents pour elle.
Et puis, nous la retrouvons à 30 ans, à 60 ans. Mariée, démariée, mariée.  Ronde, moins ronde, toujours préoccupée par son poids, mère, écrivain, elle attend de plusieurs psy qu’ils l’aident à se débarrasser d’angoisses paralysantes. Lola Bensky est juive « très juive », elle a en quelque sorte intégré la douleur de ceux qui ont vécu l’impensable. Au cours des années, elle arrive peu à peu à pactiser avec un passé qui n’est pourtant pas vraiment le sien et cela dans un récit toujours teinté d’humour.
Un très bon roman, à peine une fiction.


 
Les mots que l'on ne me dit pas
Véronique POULAIN

Savez-vous que les sourds sont extrêmement bruyants ? Sans complexe, ils mastiquent bouche ouverte et déplacent les objets en les cognant. Tout ce boucan dérange ceux qui les entendent, dans ce cas, Véronique, car si papa, maman, oncle et tante sont sourds, Véronique ne l’est pas. Une chance ? Oui, peut-être, seulement, il faut s’adapter, avec ou sans sympathie, avec ou sans exaspération. C’est parfois galère. Ou surprenant. Dans le langage des signes, on parle net et elle qui le comprend, est parfois choquée par la crudité des propos. Le sexe, c’est si bon….
Mais tout de même la situation offre des avantages particuliers : ainsi on peut débrancher un aspirateur gênant, écouter de la musique à fond ou insulter ses parents en leur adressant un grand sourire : « Salut, bande d’enculés ! ».


 
Dans l'ombre de la lumière
Claude PUJADE-RENAUD

Avant de devenir Saint, avant de devenir évêque d'Hippone, saviez-vous qu'Augustin adhéra au manichéisme ?
Saviez-vous qu'il eut concubine et enfant ?
A travers sa compagne de plus d'une décennie, Claude Pujade-Renaud nous dessine le portrait d'un homme à l'humanité certaine en proie aux doutes, au désir de gloire et aux faiblesses.
Elissa, femme soumise, sacrifiée et malgré tout aimante jusqu'à la mort mais aussi femme forte et sans compromis qui restera fidèle à ses engagements.
Elissa ou le regard d'une femme sur les recherches philosophiques d'un homme et sur le quotidien d'une période en pleine mutation.