D'accord, vous connaissez Agatha Christie. Avec elle, vous avez compté les petits nègres, pris l'Orient Express et descendu le Nil.
Agatha Christie, c'est l'incontournable, la première femme connue de la littérature policière.
Mais depuis, les auteures - comme on dit pour ne pas être taxé de machisme - ont ouvert à leurs personnages de nouveaux horizons. Plus de petits meurtres feutrés à l'heure du thé, plus d'enquêteur qui, préoccupé par sa moustache, utilise brillamment ses petites cellules grises ou de vieille dame tricotant benoîtement dans un cottage anglais. Des plumes se sont trempées dans le sang du crime et les héroïnes découpent les cadavres d'un scalpel froid, comptent les os, conçoivent des programmes mathématiques implacables pour dénicher les criminels rituéliques.
Désormais, les écrivaines revendiquent la noirceur de l'intrigue et le rouge de la violence. Violeurs, pédophiles, psychopathes se bousculent au portillon.
Le roman policier écrit par des femmes existe toujours, mais à côté s'est développée une autre littérature où, s'il n'y a pas nécessairement d'énigme à résoudre, se multiplient les cadavres et les scènes de violence radicale. L'histoire accumule les abominations et les personnages sont dotés d'une rare perversité. Le ton est nouveau et Hercule Poirot regarde, perplexe, le sang gicler tandis que nous découvrons des enquêtrices aussi à l'aise à la morgue que Miss Marple le fut dans son salon.
Nous vous présentons quelques unes de ces nouvelles dames, sans négliger au passage celles qui utilisent l'écriture avec plus de tendresse et d'humour.
|
|